Le Retour de L’Étranger

Elle n’aurait jamais pensé revoir sa sœur un jour, jusqu’à cet après-midi ordinaire… Camille vivait depuis des années avec l’amertume d’une dispute jamais résolue. Depuis vingt ans, elle n’avait plus de nouvelles de Sophie, sa sœur aînée, qui avait quitté la maison familiale après un désaccord violent avec leurs parents. Camille se rappelait encore de cette soirée d’automne où les mots avaient brûlé, où les portes avaient claqué, et où son propre cœur s’était serré, incapable de comprendre comment sa famille avait pu se désintégrer ainsi.

Chaque année, lors des réunions familiales, l’absence de Sophie était un sujet silencieux mais omniprésent, un vide que personne ne semblait vouloir combler. Pourtant, en elle, Camille ressentait cette absence comme une plaie béante qui refusait de cicatriser. Elle se demandait souvent ce qu’était devenue Sophie, si elle était heureuse, si elle avait su trouver la paix quelque part.

Un après-midi de printemps, alors qu’elle feuilletait distraitement un album de photos anciennes, la sonnette de la porte d’entrée résonna. Camille alla ouvrir, s’attendant à voir le visage familier d’un voisin ou d’un ami. En ouvrant, son cœur manqua un battement. Sophie se tenait là, un sac de voyage à ses pieds, l’air à la fois fatiguée et déterminée.

« Salut Camille, » dit-elle, l’ombre d’un sourire flottant sur ses lèvres.

Camille resta figée un instant, incapable de parler, saisi par un tourbillon d’émotions contradictoires.

« Sophie… Je… Entre, » finit-elle par articuler, sa voix tremblante.

Elles s’installèrent dans le salon, un silence lourd pesant entre elles. Camille ne savait par où commencer. Des souvenirs d’enfance, mélangés à ceux de la séparation douloureuse, tourbillonnaient dans sa tête.

« Je suis désolée, » lâcha Sophie soudain, les yeux baissés. « Je sais que j’ai brisé quelque chose qui aurait dû perdurer. Mais si je suis là aujourd’hui, c’est parce que… je veux essayer de réparer, si c’est encore possible. »

Camille sentit son cœur se serrer. Elle se souvenait de son chagrin, de sa colère. Mais face à elle, elle voyait aussi une sœur qui, comme elle, avait souffert de cette rupture.

« Pourquoi maintenant ? » demanda Camille, sa voix un mélange d’accusation et d’espoir.

« Parce que je n’en pouvais plus de vivre avec le regret, » répondit Sophie, les yeux brillant de larmes contenues. « J’ai passé trop d’années à fuir mes erreurs. Je ne pouvais plus continuer ainsi, en sachant que j’avais une famille qui m’attendait peut-être encore. »

Le silence régna à nouveau, mais cette fois-ci, il était chargé d’une nouvelle compréhension. Camille savait qu’elle avait le choix : rester en colère et rejetée ou ouvrir la porte à une fragile réconciliation. La décision n’était pas facile, mais elle savait qu’il n’y aurait peut-être pas d’autre moment.

« Je pense que nous avons beaucoup de choses à dire, » dit-elle enfin, un mince sourire sur ses lèvres. « Mais je veux essayer. »

Sophie acquiesça, un souffle de soulagement traversant son visage. Les deux sœurs se regardèrent, les yeux pleins de promesses et de cicatrices. Ce serait un long chemin, mais elles étaient prêtes à le parcourir ensemble.

Image_prompt: Two sisters facing each other in a living room, one with a suitcase, both showing a mix of hope and apprehension.

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