Les Silences de l’Horloge

Chers amis,

Cela fait un moment que je réfléchis à écrire ce message. Je vous préviens tout de suite, c’est un petit peu long, peut-être même un peu confus, mais je ressens le besoin d’écrire tout ça, de vider mon cœur. Parfois, des petits riens nous amènent à des vérités qu’on n’a jamais osé affronter. Vous voyez, cela fait des années que je vis avec un poids, une sorte de silence intérieur.

Tout a commencé il y a quelques semaines. J’étais en train de ranger le grenier chez mes parents. Vous savez, ces journées où l’on se dit qu’il est enfin temps de trier, de jeter ce qui n’a plus de sens. En fouillant parmi les vieilles boîtes, je suis tombé sur une petite horloge de table, poussiéreuse et délaissée, au fond d’un carton jauni par le temps. Je ne l’avais jamais remarquée auparavant, pas plus que je ne l’avais entendue, silencieuse qu’elle était.

Intrigué, je l’ai remontée, m’attendant à entendre son tic-tac régulier. Mais rien. Pas un son. Pourtant, l’aiguille des secondes s’est mise à bouger lentement, comme hésitante à embrasser sa tâche. En l’observant, je me suis retrouvé transporté dans mes souvenirs d’enfance, des moments que je pensais avoir oubliés.

C’est là que l’horloge m’a révélé une vérité insoupçonnée, cachée dans son silence persistant. Les souvenirs sont revenus en cascade, avec une clarté déconcertante. Je me suis rappelé des après-midis passés avec ma grand-mère, celle que je pensais avoir oublié avec le temps, sa voix douce, sa façon de rire. Cette horloge était la sienne.

Ma grand-mère, une femme d’une douceur infinie. Elle avait l’habitude de collectionner des horloges; pour elle, c’était comme si le temps devait toujours être visible, mais jamais imposant. Son tic-tac était une douce musique, un rappel que chaque seconde compte, mais qu’il ne faut pas s’y laisser enfermer.

En la revoyant devant moi, cette vieille horloge, le flot de souvenirs me submergeait. Je me suis souvenu des moments où elle me racontait des histoires, ses yeux pétillants de vie et de rires. Mais quelque chose restait incomplet, comme un bout d’histoire inachevé. Et là, le silence de l’horloge m’a frappé comme une révélation : elle ne s’arrêtait jamais.

Elle m’a appris le silence comme un espace sain, un refuge et non un oubli. Elle a vécu sans toujours parler de ses souffrances, se contentant de sourire, d’avancer. J’ai compris que je portais cette même habitude en moi, enfermant mes peurs, mes regrets dans des silences bien trop lourds.

Il m’a fallu cette horloge, cet élément si anodin, pour que je comprenne enfin que je devais m’ouvrir, que je ne pouvais plus porter seul le poids de mes silences. J’ai pris conscience que j’avais hérité de cette peur de parler, de me confier. Pendant des années, j’ai caché que je me sentais perdu face à la direction que prenait ma vie, croyant que tout le monde attendait de moi un chemin tout tracé.

Aujourd’hui, ce silence que j’écoutais m’a appris à ouvrir les yeux sur ma propre vie. Il m’a permis de comprendre que j’ai le droit d’être vulnérable, que je devais partager ce qui m’habite, comme un héritage à libérer. L’horloge a continué à tourner, silencieuse, mais elle m’a montré une vérité précieuse.

Peut-être que dans cette confession, vous aussi trouverez un écho à ce que vous vivez. Peut-être que le silence vous parlera autrement désormais. Quoi qu’il en soit, je me sens plus léger.

Merci d’avoir pris le temps de me lire, et n’hésitez pas à me partager vos pensées aussi, ça compte plus que vous ne pouvez l’imaginer.

Avec toute mon affection,
Jean

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